Système de sécurité incendie (SSI)
Un système de sécurité incendie n’est pas une alarme. C’est l’installation qui détecte le feu, décide, puis met le bâtiment en sécurité : elle ferme les portes coupe-feu, ouvre les exutoires de désenfumage, déverrouille les issues de secours, arrête la ventilation et déclenche l’évacuation. L’alarme sonore n’en est que la partie audible.
Le règlement de sécurité en distingue cinq catégories, de A à E, par ordre de sévérité décroissante. Celle qui vous concerne ne se choisit pas : elle découle du type et de la catégorie de votre établissement. Un hôtel de trente chambres et une boutique de même surface ne relèvent pas du même équipement, et aucun installateur n’a le pouvoir de vous en dispenser.
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Ce qu’un SSI fait, au-delà de sonner
L’article MS 53 définit le système de sécurité incendie comme l’ensemble des matériels qui collectent les informations liées à la sécurité incendie, les traitent, et exécutent les fonctions de mise en sécurité. Ces fonctions sont limitativement énumérées :
- le compartimentage — fermeture des portes et clapets coupe-feu, pour que le feu reste où il a commencé ;
- l’évacuation — diffusion du signal d’alarme générale, déverrouillage des issues, éclairage de sécurité ;
- le désenfumage — ouverture des exutoires et mise en route des ventilateurs ;
- l’extinction automatique, quand l’établissement en est équipé ;
- la mise à l’arrêt de certaines installations, la ventilation de confort en premier lieu, qui autrement propagerait la fumée.
Un système complet se lit donc en deux moitiés : le système de détection incendie (SDI), qui apprend qu’il y a le feu, et le système de mise en sécurité incendie (SMSI), qui agit. Entre les deux se trouve le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI), qui reçoit l’information et commande les dispositifs actionnés de sécurité (DAS) : portes, clapets, volets, exutoires, ventouses.
Les cinq catégories, de A à E
La norme NF S61-931 établit la composition de chaque catégorie et l’équipement d’alarme qui lui correspond.
| Catégorie | Détection | Mise en sécurité | Équipement d’alarme |
|---|---|---|---|
| A | détection automatique généralisée + déclencheurs manuels | CMSI | type 1 |
| B | déclencheurs manuels seuls | CMSI | type 2a |
| C | déclencheurs manuels seuls | dispositifs adaptateurs de commande | type 2b |
| D | déclencheurs manuels seuls | DAS à rupture de courant | type 3 |
| E | aucune | aucune | type 4 |
Une catégorie E, c’est un dispositif sonore autonome — un bloc, parfois une cloche : il prévient, il ne met rien en sécurité. Une catégorie A, à l’autre bout, surveille l’ensemble du bâtiment par détecteurs automatiques et pilote toutes les fonctions de mise en sécurité depuis un tableau surveillé en permanence.
La temporisation, souvent mal comprise, sépare nettement ces mondes : les types 1, 2a et 2b l’autorisent — jusqu’à cinq minutes entre l’alarme restreinte au tableau et l’alarme générale — mais uniquement si un personnel qualifié est présent pour lever le doute. Les types 3 et 4 déclenchent l’évacuation immédiatement.
Détection, mise en sécurité, alarme : trois choses différentes
Trois découpages coexistent dans un SSI et se confondent souvent dans les devis : les zones de détection, qui disent où le feu a été vu ; les zones de mise en sécurité, qui disent ce qui est commandé ; et les zones de diffusion d’alarme, qui disent qui entend le signal. Le règlement impose que chaque zone englobe les niveaux hiérarchiques inférieurs — un découpage incohérent est l’un des motifs de non-conformité les plus fréquents en réception.
La mission de coordination SSI, prévue par la norme NF S61-931, sert précisément à tenir cette cohérence quand plusieurs entreprises interviennent : détection, désenfumage, portes, électricité. En pratique, elle est exigée dès qu’un système assure une fonction de mise en sécurité autre que la seule évacuation, c’est-à-dire en catégories A et B. Le règlement de sécurité ne la nomme pas sous ce terme ; les exigences varient d’un département à l’autre, et il vaut mieux poser la question à la commission avant les travaux qu’après.
Vos obligations d’entretien et de vérification
Elles se lisent dans trois articles, et elles sont cumulatives.
MS 68 — l’entretien. Il est assuré soit par un technicien compétent habilité par l’établissement, soit par l’installateur ou son représentant. Les systèmes de catégories A et B doivent toujours faire l’objet d’un contrat d’entretien, qui précise la périodicité des interventions et prévoit la réparation rapide ou l’échange des éléments défaillants. L’existence de ce contrat doit pouvoir être justifiée et transcrite au registre de sécurité.
MS 69 — l’essai hebdomadaire. L’exploitant vérifie au moins une fois par semaine le bon fonctionnement de l’installation et l’aptitude des alimentations de sécurité. C’est l’obligation la plus oubliée, et la moins coûteuse : elle ne demande personne d’extérieur.
MS 73 — la vérification. En exploitation, au moins une fois par an. Et pour les SSI de catégorie A et B — comme pour les installations d’extinction automatique du type sprinkleur — tous les trois ans par un organisme agréé par le ministre de l’intérieur. Cette vérification triennale ne se remplace pas par une visite d’installateur, même bien faite.
Le calendrier complet, équipement par équipement, est détaillé sur notre page consacrée aux vérifications périodiques.
Les prestations qu’un SSI recouvre
Une demande « SSI » recouvre en réalité des métiers différents, et c’est pour cela qu’un devis unique est rare :
- la conception et le dimensionnement — déterminer la catégorie exigible, découper les zones, écrire le cahier des charges fonctionnel ;
- l’installation de la détection — équipement de contrôle et de signalisation, détecteurs automatiques, déclencheurs manuels ;
- l’installation du CMSI et des asservissements — c’est le poste qui coûte, parce qu’il faut atteindre chaque dispositif commandé ;
- les dispositifs actionnés de sécurité eux-mêmes : portes et clapets coupe-feu, exutoires et volets de désenfumage, ventouses d’issues ;
- la mise en service et la réception, avec les essais fonctionnels zone par zone ;
- la maintenance, sous contrat pour les catégories A et B ;
- la formation du personnel à l’exploitation de l’alarme restreinte, sans laquelle la temporisation devient illégale — voir nos pages alarme incendie et formation.
Prix : ordres de grandeur
Un SSI se chiffre au bâtiment, jamais au mètre carré seul : deux locaux de même surface n’ont pas le même nombre de portes à asservir ni les mêmes longueurs de câble à tirer. C’est aussi pourquoi l’écart entre deux devis sérieux peut être large sans que l’un des deux soit malhonnête.
| Prestation | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Installation d'un SSI de catégorie A (détection généralisée + CMSI), moins de 300 m²Le poste principal n'est pas le matériel mais le câblage et l'asservissement des équipements existants. | 8 000 – 15 000€ HT |
| Installation d'un SSI de catégorie A, 300 à 1 000 m² | 12 000 – 25 000€ HT |
| Installation d'un SSI de catégorie A, plus de 1 000 m²Au-delà de 50 000 €, on est sur un bâtiment complexe ou une rénovation lourde : le chiffrage se fait sur plan. | 20 000 – 50 000€ HT |
| Installation d'un SSI de catégorie B ou C (alarme type 2a ou 2b)L'écart tient presque entièrement à la surface et au nombre de dispositifs commandés. | 3 000 – 18 000€ HT |
| Contrat d'entretien annuel, SSI de catégorie AObligatoire en catégorie A et B. | 2 500 – 6 000€ HT/an |
| Contrat d'entretien annuel, SSI de catégorie B ou C | 1 000 – 2 500€ HT/an |
Ordres de grandeur constatés sur le marché, donnés à titre indicatif — ils ne valent pas devis. Seul le chiffrage d'un prestataire, après échange ou visite, engage.